Parcours d'art contemporain.
du 14 juin au 14 septembre 2003.

Sept artistes s'engagent, se rejoignent, s'impliquent. In situ, ils enchevêtrent, tissent, emmêlent. Une communion des gestes qui donnera à lire différemment le paysage, son histoire et celle des hommes qui le modèlent. Parcours d'art avec Régis Failler, Magalie Gaudechaux, Viviane Rabaud, Bertrand Menguy, Olivier Daval, Thierry Godet et Prisca Cosnier.


A l'origine, un appel à projet lancé par le conseil municipal de Mellé et la maison pierres&nature, une proposition, trois contraintes :

  •  la thématique : "des voiles, des toiles", écho de l'activité textile jadis prospère en ces lieux.
  •  la création d'une œuvre in situ, utilisant les richesses naturelles du territoire de la commune.
  •  le développement d'un rapport sensible avec la population locale, son initiation et sa participation.


  • Avant que des déplacements du regard ne soit opérant, il a fallu rechercher la matière nécessaire à l'élaboration de ces vues de l'esprit. Couper, récupérer, rassembler, déplacer, préparer le terrain … autant d'actions que l'artiste ne fera jamais seul. Un lien déjà s'est créé, le premier, entre l'artiste et l'habitant. Les premiers signes de curiosité face à l'ouvrage en cours. Une mise en œuvre s'effectue à travers des gestes sensiblement proches : tisser, enchevêtrer, emmêler … nous y sommes … du village de la Hérissais au cœur du bois de la Vairie, aussi dans le bourg, ces sept plasticiens invitent déjà le marcheur à lire différemment l'architecture et le paysage. Tisser sa toile, chercher les liens existants entre soi et l'espace traversé, suivre un fil conducteur imaginaire, autant d'expériences du regard qui attendront le promeneur.


    Youkali
    Village de la Hérissais.

    "...Le naturel capte mes sens, Retient ce qui est le plus essentiel de mon intime attention. Je tisse, tresse, tricote sans cesse les mailles d'un piège apte à saisir l'espace dans lequel je suis. Le vent tournoie et ne disparaît jamais, lui. Je regarde mon nouveau monde par ces trames et suis pris dans les toiles. Contemplant mes Etoiles lumineuses."
    Mia Delmaë à propos de/pour Régis Failler

    de A à Z... dans le désordre
    Sur la totalité du parcours, du village de la Hérissais au bois de la Vairie. Dans la grange de l'ancien café de Madame Pélicot.

    Les horizons que m'offre la baie de Morlaix, où est installé l'atelier permanent, stimulent un besoin d'ouverture sur le monde. Depuis l'été dernier, avec l'atelier itinérant, j'élargis mes “terrains d'investigation”. Mon souci de l'environnement, de l'humain, m'amène à Mellé pour y poursuivre un travail d'exploration en le déclinant à travers des installations, des peintures et des entretiens. Ce projet en Pays de Fougères me donne l'occasion de continuer cette “errance” en tournant mon regard vers les terres.

    Blup
    Le long du ruisseau du Boulay.

    "La porte passée, vous voici plongé dans le labyrinthe entre réel et imaginaire, un lieu de transition, un espace utopique, une invitation au voyage. Ce paysage fibreux est habité par "Blup", une maison en forme d'igloo. Cette habitation nomade, au territoire errant, nous invite à la visiter. Sa carapace, serpentée de ficelle permet une circulation entre le dedans et le dehors offrant différentes lectures du paysage. Comme le dit l'artiste Toyo Ito "La fluidité de l'espace est un concept contraire à celui de l'enfermement. C'est pour moi une manière de résistance à ce qui fonctionne en circuit fermé, à ce qui est fini". Tous ces univers créés sont des métaphores qui interrogent nos sens, notre regard sur ce qui nous entoure, renvoyant le spectateur à lui-même, en tant qu'être au monde."

    Ecran chromatique
    Etang du Boulay.

    "La graine de lin, tombée dans le sillon, rêve d'étoffes / Encore la pluie et du silence sur un carré de toile, un film joue dans ma fenêtre et tisse la trame d'une histoire muette / La pluie s'évanouit dans la terre / Des nuages, aucun souvenir / Des odeurs de foin flânent avant la pluie d'août / Une journée de plus, une journée de moins : tout passe, rien ne presse, rien de spécial / Un jardin / Des étoiles, et le silence enfin… car rien n'est immuable, ni l'humain, ni la lumière"

    Textil-buisson
    Vallon du manoir de la Vairie.

    "Dans les prairies, de part et d'autre du vallon, quel parcours balisent ces voiles - tissages végétaux géants - retiennent-elles l'air, le souffle, l'instant ? Posées à même le sol, ces voiles sont à la fois transparentes et présentes, construites et naturelles. Est-ce un clin d'œil aux haies d'avant le remembrement ? Aux toiles mises à blanchir sur les prés ? Aux voiles cousues avec ces toiles ? Textil-buisson, contraste entre le systématisme, la discipline du tressage et les matériaux irréguliers, la voile laisse apparaître entre le quadrillage de la chaîne et de la trame une résille libre de rameaux et petites branches.”

    Arachné et Bérénice
    Bois de la Vairie.

    "Née de l'observation d'une minuscule toile d'araignée suspendue entre trois brins d'herbe, aperçue dans la hêtraie adossée à la colline, l'installation apparaît d'abord comme une flaque de lumière. Arachné tisse des réseaux de relations multiples entre un coin du monde paisible en marches de Bretagne, et la mondialité ; enchevêtrement de liens, de nœuds partout en confluence, en résonance, mais dépendant d'un centre vital : le milieu naturel. Un peu plus loin, dans le sous-bois ensauvagé, une autre installation se mêle intimement aux rochers granitiques, à proximité du "rocher au diable" : Bérénice se constitue d'une membrane sphérique ultra mince de fibre de lin*, chevelure végétale enveloppant le vide en contraste avec la matière minérale.”

    *Remerciements à la société coopérative Linière de Cagny (14) et à la société ATC de Plougoumelen (56).

    un évènement :